Paris, 1973...

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Quand l'hiver repointe le bout de son nez et que les cafés restent fermés, il reste toujours d'anciens négatifs à trier...

Début 1973. En stage à Paris, je scénarise des audiovisuels de formation. Sans compétences particulières pour cela, mais peu importe: une nouvelle loi française oblige les entreprises à consacrer un chouïa de leur chiffre d'affaires à développer les compétences de leurs employés, c'est une mine d'or pour de petites sociétés qui s'improvisent "formatrices" du jour au lendemain. La mienne est au Vésinet, une heure de métro dans chaque sens.

 

L'ordinateur va faire son entrée chez Monoprix, il faut expliquer au personnel de vente ce qui va changer dans son travail quotidien. C'est ainsi que je me retrouve à trier des sous-vêtements féminins au rayon lingerie, "parce que c'est le plus compliqué à encoder", m'assurent les vendeuses avec un sourire carnassier. Les clientes, interloquées, me voient plonger les mains dans le bac des soutiens-gorge. A l'époque, je compose des chansons. De cette expérience formatrice (pour moi au moins) naîtra le plus grand succès de mon répertoire, "Le Satyre du Boulevard".

Nous partageons avec mon pote Bernard (ci-dessus), frais sorti de l'université comme moi, un appartement dans le XVIe, s'il vous plait. Bon, tout en bas, là où ce n'est plus vraiment chic, mais quand même. La droite remporte les élections législatives, Reiser me fait hurler de rire.

Le week-end, je me balade aux puces de Saint-Ouen, où l'on trouve des dentiers d'occasion dès quatre francs, "service antiseptique" compris.

C'était il y a presque cinquante ans. Si loin...

(tirages argentiques d'après les négatifs d'époque, probablement exposés avec un Nikon, à moins que ce ne fût un Pentax Sportmatic. Je ne me souviens plus très bien, tant d'appareils ont passé entre mes mains !)

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