Venise en novembre

(en hommage à la Sérenissime inondée)

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"On fait couler tant d'encre sur Venise qu'elle s'y noie", observe Sylvain Tesson. A quoi j'ajouterais qu'on y fait tant de photos qu'elle en devient transparente. 

Mon premier voyage dans la Cité des Doges remonte aux années 70. Le carnaval y était, déjà, un passage obligé pour les photographes. Aux masques sophistiqués, j'avais préféré le défilé mystérieux de Urban Sax à Mestre.

En novembre 2013, je me suis donné le défi de retourner à Venise et d'y photographier la ville telle qu'elle m'apparaîtrait, sans thème préconçu (je n'en trouvais pas). A défaut, je me suis donné une discipline: parcourir à pied chaque jour un quartier différent, me perdre volontairement dans le dédale des ruelles et attendre que quelque chose s'y passe. Me levant - relativement - tôt, j'ai découvert qu'il restait quand même des Vénitiens dans la vieille ville, ne serait-ce que les bateaux des éboueurs, les infirmiers transportant leurs patients âgés sur une chaise à porteurs pour franchir les nombreux escaliers, quelques marchés... Je ne prétends pas avoir fait preuve d'originalité, mais j'ai réussi, la saison tardive aidant, à flâner dans des bouts de ville où les touristes ne se pressent pas en cohortes.

Dans mes flâneries, j'ai remarqué la forme particulière et amusante des boîtes à lettres vénitiennes, souvent combinées avec deux sonnettes. Je me suis mis à leur recherche, c'est devenu une sorte de quête pendant la semaine que j'ai passé sur place, j'en ai photographié plus d'une cinquantaine. En rentrant, j'ai rassemblé ces images (voir ci-dessous), ai vérifié sur internet et... constaté que d'autres avaient déjà eu l'idée de ce sujet. Je ne renie pas ma série pour autant, il me semble avoir déniché plus de boîtes originales que les autres!

Ces deux séries d'images ont été réalisées avec un Olympus OM-D E-M1, objectifs 25, 45 et 75mm. plus le zoom de base.

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