top of page

Vidy, un théâtre

Capture d’écran 2023-01-13 à 21.31.10.png

« Blé qui lève et qui mûûûrit... »

Chantait mon père sur la grande roue

Il avait un verre dans le nez

Moi qui étais sage, déjà,

Je gardais tous les prospectus

Expo 64, mon encyclopédie

Le monorail, et Tinguely...

press to zoom

press to zoom

press to zoom

press to zoom
1/25

La rénovation du bâtiment conçu par Max Bill (1908-1994) pour l'exposition nationale de 1964 à Lausanne s'achève.

Rendons à César… C'est Marx Lévy, qui, dans la perspective de l’Expo 64, fonda en juillet 1956 l’Association pour l’aménagement urbain et rural du bassin lémanique (APA.URBAL) et imagina un avant-projet de théâtre circulaire en plein air au parc Bourget, tout près du site où se trouve la salle actuelle. Son dispositif, inspiré par le concept de théâtre total dessiné par Martin Gropius pour le metteur en scène Erwin Piscator en 1927, prévoyait par une scène embrassant les spectateurs, complétée par un podium placé au milieu de l’arène.

 

Max Bill basa son premier projet pour le théâtre de l’Expo 64 sur un dispositif analogue. Il prévoyait un bâtiment subsistant après l’événement "comportant une scène tournant autour des spectateurs, montant, descendant ou se transformant en fonction des spectacles…. C’était une idée géniale pour un théâtre circulaire, moderne et de conception complètement nouvelle", écrit Dominique Gilliard dans un rapport d'experts. Cette proposition était trop ambitieuse pour le budget alloué par l’Exposition nationale et n’intéressait pas Georges-André Chevallaz, alors syndic de Lausanne. Au terme de nombreuses péripéties où le metteur en scène Charles Apothéloz fut également impliqué, on se retrouva avec une salle de 390 places (au lieu des 800 prévues au départ, 430 après rénovation).

 

Du « provisoire » qui fut finalement appelé à durer, révéré aujourd'hui comme un bijou alors que ce projet représenta surtout une frustration pour les créateurs de l'époque. Le bureau d'architectes Pont 12 a intelligemment développé en la respectant la structure initiale de Max Bill basée sur des poteaux métalliques espacés de cinq mètres. Des matériaux d'époque - dont les plaques d'amiante Eternit - il ne reste presque rien. Le bâtiment répond en revanche aux normes techniques, sécuritaires et énergétiques d'aujourd'hui. Un bel et coûteux outil (27 millions pour la rénovation, 16 millions de budget annuel dont 8 millions de subventions communales, sans le soutien aux différentes troupes) dont il reste à souhaiter que sortiront de belles créations.

"Cosmic drama", un des spectacles de réouverture, donné dans la salle principale, a permis d'apprécier l'impressionnante machinerie: six astéroïdes en carton-pâte et quatre comédiens suspendus à des câbles presque invisibles se mouvaient simultanément au-dessus de la scène. Le propos de la pièce - si on peut dire - de Philippe Quesne était en revanche assez court. Cinq astronautes vont prendre soin de cailloux de l'espace qui ne se portent pas très bien, en ramènent un dans leur capsule vert fluo... Cette fable plus ou moins écologique décline des pastiches de tragédie grecque, de Star wars, de danses serpentines à la Loïe Fuller, voire de Mack Sennett.

 

On rit un peu, on s'ennuie aussi. "Visiblement peu inspiré par la thématique, le metteur en scène se contente de quelques idées d’écriture de plateau, étirées à l’envi et jusqu’à la lie. Prises dans un enchaînement dramaturgique passablement décousu, ces saynètes, pour la plupart non essentielles, ne valent alors que pour elles-mêmes et ne sont jamais mises au service d’une narration plus dense. Sans cap clair, elles donnent la sensation d’être sous-exploitées, et font régulièrement flop, faute d’approfondissement suffisant", écrit Vincent Bouquet dans Scenesweb.fr. C'est aussi mon impression à la sortie. Espérons mieux la prochaine fois.

Lausanne-Vidy, 13 et 22  janvier 2023. Nikon D5500 + zoom 10-24mm. f3.5-4.5

© Jean-Claude Péclet 2023. Reproduction soumise à autorisation

bottom of page