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Blonay-Chamby

Comme la plupart des chemins touristiques, le Blonay-Chamby doit sa résurrection à une équipe de bénévoles passionnés. Ils ont récupéré et restauré un matériel promis à la casse, désherbé et consolidé une ligne de trois kilomètres qui datait de 1902, l'ont remise en exploitation en 1968. Le Blonay-Chamby se présente comme "le premier musée vivant du chemin de fer en Suisse".
L'excursion, généralement familiale, fleure la nostalgie parfumée aux effluves de charbon et de graisse. Sérieux comme des papes, de jeunes contrôleurs en uniforme poinçonnent les billets en carton, comme jadis, quand la Suisse circulait à l'heure. Après vingt minutes de gentils cahots dans une forêt où l'on épie les échappées sur le Léman, on débarque au musée-atelier à Chaulin, pose ses fesses sur le velours rafraîchi d'anciens wagons de 1ère classe, mange une assiette gastronomiquement discutable à la buvette. Il est déjà temps de redescendre.
Comment rendre à cette promenade du dimanche sa magie d'antan, quand les lignes de chemin de fer, à crémaillère si nécessaire, partaient à l'assaut des montagnes et de leurs palaces hauts perchés? En admirant le panache, bien sûr! Celui, brun-noir, que crache la combustion du charbon; celui, blanc, que chuinte la vapeur relâchée. Habemus ou non habemus papam? Les deux à la fois. Le train à vapeur, dans ses jets furieux, insuffle un principe de mécanique quantique dans la spiritualité catholique...
Pas de religion sans miracle. Pour célébrer le culte du train à vapeur, j'ai utilisé une petite dose d'intelligence artificielle sur Lightroom - juste ce qu'il fallait pour supprimer quelques caténaires disgracieux rappelant trop que nous visons au XXIème siècle. Naturellement, j'ai aussi mon petit secret de cuisine pour conférer aux photographies le caractère désiré au moment de la prise de vue. Mais chut, et en voiture!

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Avec Jean-Marie Tran et Javad Salehi
Blonay, 10 mai 2026. Nikon Z5 II,+ 24-70mm. f4
© Jean-Claude Péclet 2026