
Le Doubs à sec

Les mourants deviennent parfois si minces que leur corps décharné déforme à peine le lit tendu de blanc par une infirmière diligente. Ainsi coule le Doubs entre Pontarlier et Morteau. Ce n'est pas la première fois en 2026 qu'il disparait complètement sur plusieurs kilomètres entre les deux villes précitées - par manque de pluie ou infiltration dans les fissures calcaires. Non, ce n'est pas nouveau, c'est même la répétition du phénomène qui témoigne du dérèglement climatique. Est-ce mon imagination ? Il plane sur cette vallée un petit air d'abandon. Des relais routiers sont définitivement fermés - les touristes sont rares - un silence emprunté pèse sur les villages, les vaches broutent ce qu'elles peuvent. Aux Brenets, le lac a disparu, ce qui reste de la rivière serpente dans une végétation d'un vert électrique. Ce serait joli s'il n'y avait ces bateaux posés sur le flanc, leurs pilotes au chômage.



À Pont-des-Combes, il est interdit de sauter depuis le parapet dans ce qui reste de la rivière.

Quand il y a de l'eau, comme ici à Morteau, elle est stagnante, mangée d'algues et de mousses

Table de pique-nique dans les gorges d'Entreroches

Sur la droite, le lit du Doubs à sec

Douane des Brenets: le fourrage ne suffit plus, il faut en importer


La «Tête de Calvin » depuis le belvédère des Taillards. La ligne blanche indique la baisse de niveau du lac. À gauche, le port du saut du Doubs.

Villiers-le-lac





Le lac des Brenets au lieu-dit Les Pargots


Au belvédère des Taillards, un couple de Belfort teste son impressionnant camion-camping bricolé maison.

Gorges d'Entreroches
Pontarlier - Les Brenets, 3 août 2026. Leica M11 + apo-Summicron 35mm et Elmarit 24mm.
© Jean-Claude Péclet 2026