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Turin grand angle

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Rampe d'accès hélicoïdale à la piste d'essai du Lingotto, ancienne usine Fiat.

 

Construit en béton armé à partir de 1916 sur les plans de  l'architecte-ingénieur Giacomo Mattè Trucco et selon le modèle industriel tayloriste, le bâtiment fut inauguré en 1923 en présence du roi d'Italie.

 

Désaffectée dans les années 1980, l'usine a été réaffectée sur les plans de l'architecte Renzo Piano en centre de congrès, commercial et espaces de bureaux. Piano a surmonté la bâtiment originel d'une pinacothèque accueillant la collection d'art de la famille Agnelli et d'un bulbe verre et métal, La Bolla, salle de réunion panoramique.

 

Ci-dessous, une vidéo montrant l'usine du Lingotto à la grande époque de Fiat.

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Galleria San Federico

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Le dôme intérieur de l'église San Lorenzo, consacrée en 1680, architecte Camillo-Guarino Guarini

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Curieuse destinée que celle du Mole Antonelliana, dont le nom dérive de celui de son architecte, Alessandro Antonelli. Quand sa construction commença en 1863, l'unité italienne venait d'être officiellement proclamée sous la férule de Victor-Emmanuel II - duc de Savoie, roi de Sardaigne, prince de Piémont et comte de Nice avant de devenir le premier roi d'Italie. L'édifice en maçonnerie était alors destiné à la communauté juive de Turin, qui avait obtenu ses droits civiques et la liberté de culte en 1848, la hauteur du temple envisagé se limitait à 47 mètres. 

Des modifications du projet entraînant délais et coûts supplémentaires amenèrent la communauté hébraïque à le suspendre en 1869. La ville de Turin racheta le Mole quelques années plus tard, sa hauteur prévue avait bondi à 113,5 mètres ! Sur quoi Victor-Emmanuel II mourut. Dans un élan de ferveur nationale, il fut décidé que le bâtiment serait dédié à sa mémoire et abriterait le Musée du Risorgimento, ce mouvement qui aboutit à l'indépendance et à l'unité italienne. De nouvelles modifications portèrent la hauteur du projet à 153, puis 165 mètres. Cette construction en maçonnerie serait la plus haute d'Europe !

Le destin en décida autrement. En 1887, un tremblement de terre obligea à renforcer la structure. Un an plus tard, ce fut au tour de l'architecte Antonelli de rendre l'âme, sans avoir vu l'achèvement de son œuvre. Son fils termina les travaux. Lors de l'inauguration, le 10 avril 1889, l'édifice atteignait la hauteur de 167,5 mètres. Mais voilà: le 31 mars de la même année - dix jours plus tôt - avait été inaugurée la Tour Eiffel qui narguait le Mole du haut de ses 312 mètres...

Le Musée du Risorgimento prit effectivement ses quartiers ici de 1908 à 1938. Mais les ennuis continuèrent. Un orage abattit le génie ailé placé au sommet; un autre fit s'écrouler la flèche de 47 mètres. De nouveaux travaux de consolidation en béton armé dénaturèrent considérablement l'intérieur. Il a fallu attendre les années 1990 et la spectaculaire rénovation supervisée par François Confino pour que le Mole retrouve sa splendeur d'origine. Il abrite aujourd'hui un musée du cinéma assez remarquable, rappelant que Turin est la capitale historique du cinéma italien depuis qu'en 1896, les frères Lumière y organisèrent la première projection cinématographique du pays. C'est à Turin que sont nés les premiers studios de cinéma et les premières salles de cinéma.

Quand je l'ai visité en août 2026, le Musée du cinéma exposait sur cinq niveaux hélicoïdaux, un peu comme le Guggenheim, une rétrospective Orson Welles qui valait à elle seule le déplacement. Je ne résiste pas au plaisir d'en tirer le court extrait ci-dessous, délicieux moment d'humour absurde.

Une fois sur place, pour quelques euros de plus et pour autant qu'on en ait la patience de faire la queue, un ascenseur vous emmène  en 60 secondes du sous-sol au faîte du Mole, de la plus spectaculaire des façons.

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Le marché de Porta Palazzo, piazza della Repubblica. Ce-dessus, la partie historique. Ci-dessous, une partie plus moderne qui, quand je l'ai visitée, n'était occupée qu'à un petit tiers de ses capacités.

 

Toutes les images de cette galerie ont été faites avec un appareil argentique, le Hasselblad SWC, dont l'objectif à très grand angle, équivalant à un 21 mm. pour un boîtier 24x36, présente peu ou pas de distorsion des lignes droites. C'est à la fois un petit bijou mécanique et un maître exigeant qui guide votre regard. Disons qu'il est plus facile de photographier l'architecture avec un Hasselblad SWC que de capter des instantanés de rue. À vrai dire, je n'ai même pas essayé, la plupart des images montrées ici ont été faites avec l'appareil sur trépied, ce qui pose son homme à l'époque tu "tout-smartphone"... Par ailleurs, cette approche convient à Turin, j'en explique la raison plus bas.

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Toit du Lingotto, Pinacoteca Agnelli

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Café Paris, Via Garibaldi. Si Milan est la capitale économique de l'Italie, Rome sa capitale politique, Turin en est la capitale historique. Garibaldi fut l'artisan de l'unité italienne, y consacrant sang et sueur; mais au final, Victor-Emmanuel II et son habile ministre Cavour raflèrent la mise. 

Turin n'est pas la ville italienne telle que la rêvent les prospectus touristiques: les ruelles tortueuses et les placettes ombragées y sont rares. Au centre-ville, les artères se croisent à angle droit selon la volonté des rois et familles nobles qui y ont laissé leur empreinte urbanistique. Les places sont vastes, austères et très ornementées. Turin se présente volontiers comme une ville-monument, on souscrit à ce slogan: rarement le Pouvoir n'a pris autant de soi à se représenter, en buste à la moustache fréltillante ou en statue équestre conquérante. Leurs majestés ne furent pas avares de palais, de galeries couvertes, de fontaines aux tritons élancés, de corsos interminables.

Mais aujourd'hui ? Était-ce à cause des vacances de Ferragosto et de la canicule? Toujours est-il qu'au pied de ces palais ornementés, j'ai trouvé beaucoup de commerces et de cafés fermés. La majorité, en fait. Même dans le centre historique, il fallait parfois marcher un moment pour dénicher une petite terrasse sympathique. À celle où je me suis installé, j'ai vu passer une dizaine de livreurs à vélo avec leur sac-thermos carré pendant que je mangeais mes pâtes. Turin n'échappe pas au cocooning individualiste, à la désertification touchant les villes qui ont connu des heures plus glorieuses. Ici, le contraste entre le passé monumental et la vie actuelle est peut-être plus voyant qu'ailleurs. Cela lui confère un certain charme, on ne s'y bouscule pas.

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Fontaine-monument au percement du Mont-Cenis, Piazza Statuto. Selon la tradition ésotérique séculaire qui est une des particularités de Turin, la ville serait divisée en deux zones: son « âme blanche » se trouverait à la Piazza Castello tandis que son « cœur noir » battrait Piazza Statuto.

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Sanctuaire de la Consolata

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Terrasse supérieure du Mole

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La Galleria Umberto Ier

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Le marché de Porta Palazzo, Piazza Repubblica

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La Bolla, sur le toit du Lingotto. Réaménagée avec verdure et espaces piétons (ce qui lui enlève une partie de sa puissante géométrie initiale), la piste d'essais s'orne d'œuvres d'art collectionnées par la famille Agnelli, dont des LED géantes bleues du collectif danois Superflex proclamant : "It is not the end of the world". Audacieux.

Museo del Risorgimento

Turin, 13 et 14 août 2026. Hasselblad SWC, film Ilford Delta 100

© Jean-Claude Péclet 2026

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